
La Ferme de Monsieur accueille la mairie de Mandres les Roses, ses services et des salles pour les activités.
La Ferme de Monsieur*
Cette appellation récente (XVIIIe siècle) est due au nom de son éphémère propriétaire, Monsieur, frère du Roi Louis XVI, comte de Provence, et futur Louis XVIII qui l’avait acquise le 6 octobre 1774, dans le cadre de ses opérations foncières pour constituer le marquisat de Brunoy. Ce nom lui est resté parce qu’il fut abondamment utilisé pendant la période révolutionnaire.

Cette ferme a été édifiée vers 1175, comme défense avancée du château de Brie ; elle fut ceinte de murs vers 1360 quand elle fut incluse dans l’apanage de Louis d’Orléans, puis de Philippe d’Orléans. Ravagée par les Anglais, elle est relevée de ses dommages vers 1440-1450 : elle comprend l’hôtel seigneurial, des granges, une écurie, une étable, une bergerie conformément à la coutume de Paris, un colombier (seule partie qui nous soit parvenue intacte) occupe le centre de la grande cour carrée sur laquelle ouvrent deux portes de haute taille. C’est alors le centre économique et administratif du village (droits de justice notamment, et équipements collectifs). Elle passe des mains des Cenesme aux Montonvilliers qui la conservent de 1584 à 1687 : Nicolas de Montonvilliers, sa fille Madame de Mandres, puis le petit-fils Claude du Val (Monsieur de Sélincourt). Elle est détruite par les Lorrains en 1652, mais est rapidement reconstruite entre 1653 et 1660. Rachetée par François de Thomassin elle est revendue à Jean Paris de Montmartel, marquis de Brunoy (1757), puis à Monsieur, frère de Louis XVI, comte de Provence et futur Louis XVIII. Ayant rapidement émigré, ses biens furent confisqués au profit de la Nation. Bien National, elle finira entre les mains de la famille Berthier, premier Prince de Wagram, en 1813. Un siècle plus tard, elle est vendue à la famille Foiret (1915) qui la cèdera, un demi-siècle plus tard à la Caisse des Dépôts et Consignations (1965).

La Ferme de « Monsieur », inscrite à l’Inventaire des Monuments historiques en 1977 (grâce à l’action des Amis de Mandres) est achetée par la commune le 3 mars 1983 et devenue depuis l’Hôtel de Ville.

Au centre d’une exploitation de près de 150 hectares, elle a failli disparaître, mais la création de deux lotissements horticoles (Roseval, Rosebrie) et d’une ZAC ont permis de préserver ce patrimoine. Bien située, à la limite du Bout d’En-haut et du Bout d’En-bas, elle équilibre le village. Au centre d’un grand espace (place des Tours Grises et ancien verger-potager = les actuels terrains de tennis), composée de nombreux bâtiments qui accueillent, outre la mairie, une grande salle (salle d’Orléans) et plusieurs petites salles (la Bergerie), le club du troisième âge (salle Pierre Nicol), bien desservie par la rue du général Leclerc, la rue Pasteur, la rue de la Croix Rouge et la ruelle des Champs, elle réunit les différentes parties anciennes ou nouvelles de Mandres.
* La ferme de Monsieur également nommée ferme des Tours Grises, manoir d’Orléans, Hôtel de Ville.
Extraits des archives des Amis de Mandres et du livre de Jean-Pierre NICOL « Chemins des Champs, Rues de Village »