Le murier blanc du parc des Charmilles planté sous le règne d’Henri IV et le ministère de Sully au début du XVIIe siècle.

LE MURIER BLANC du PARC des CHARMILLES, UN ARBRE REMARQUABLE.

Le mûrier blanc ou morus alba doit son nom à ses bourgeons recouverts de filaments blancs au printemps, celui, trônant majestueusement dans le parc des Charmilles est quadricentenaire. 

De la famille des moracées (arbres sécrètant du latex), ses feuilles possèdent de nombreuses vertus pour l’Homme: antiseptiques, en infusion, elles stimulent la production d’insuline. Ses fleurs sont réunies en chatons et peuvent être blanches, roses, ou rouges sur le même arbre. Les vers à soie s’en nourrissent, et les bovins les mangent en fourrage, et même les poules. Le mûrier est auto-fertile monoïque (fleurs mâles et femelles sur un même arbre). Le mûrier blanc est surtout connu depuis l’antiquité, cultivé en Chine et au Proche Orient, pour l’élevage des vers à soie, dans des ateliers appelés magnanerie. Les papillons Bombix pondent des oeufs d’où sortent des vers, lesquels sécrètent des fils de soie pour fabriquer leurs cocons, ils se transforment en chrysalides et donnent naissance à de nouveaux papillons. Les tisserands utilisent les cocons en les étirants pour faire des fils de soie. Importé en France sous Charles VII au début du 15e siècle (1403-1461), la culture du Mûrier blanc se développe sous Henri IV. En 1601 des Muriers sont plantés au Jardin des Tuileries à Paris, mais comment sont-il arrivés à Mandres ?

A cette époque, Mandres ne compte alors qu’environ 300 habitants, 8 fiefs et des activités rurales et artisanales, Vincent de Meurdracq, né en 1569, est alors valet ordinaire d’Henri IV et substitut du Bailli de Brie Comte Robert, il achète en 1601 le Fief du Paradis, Il construit son habitation et aménage un parc arboré paysagé, les charmes y sont nombreux, il est alors appelé manoir des Charmilles, Il a pour ami, Barthélémy de Laffemas, chambellan du roi qui s’intéresse à la mise en valeur du domaine, il influence et incite M. de Meurdracg et son jardinier à planter 6 múriers en 1606-1609 pour développer la production de la soie. Ces arbres ont alimenté de 1635 à 1694 une magnanerie mais nous n’avons pas de précisions sur sa localisation. Au cours du 17e siècle des tisserands Henry et Michel Gautier travaillaient la soie dans des ateliers appartenant à la famille de Meurdracq cour n°5, leur compagnon René Tardif fabriquait des perruques de soie, un tapissier s’établi à Villeneuve St Georges, Nicolas Roze gendre de Michel Gautier s’installe à Montmartre. Mais, à la suite de plusieurs hivers très rigoureux particulièrement en 1695, 5 mûriers éclatent sous l’effet du gel. Le 6ème protégé du vent du nord par l’église Saint Thibault, patron de la paroisse est toujours là , Vincent de Meurdracq décède en 1636, Ses héritiers vendent ses ateliers de tisserands à François Lhuilier, un fabriquant de bas de soie parisien. Il aura participé, avec sa famille, au développement de l’industrie de la soie, principal objectif de Bathélémy Laffemas, selon les instructions reçues de Sully ministre des finances de Henri IV, pour développer l’industrie française.

La commune de Mandres devient propriétaire du manoir en 1939, mais, en 1947 inoccupée et délaissée l’habitation est détruite faute de moyens. Actuellement subsiste le portail d’entrée de la propriété, un petit pavillon, le jardin et le mûrier.

Forte du dossier élaboré par l’association Les Amis de Mandres, la municipalité de Mandres-les-Roses, en qualité de propriétaire des lieux a obtenu, le 16 septembre 2023, le label A,R,B,R,E,S, Remarquables

Notre mûrier, témoin de plus de 400 ans de l’histoire de Mandres les Roses fait maintenant, officiellement partie intégrante, du patrimoine végétal mandrion.