En 1999, à la demande des amis de Mandres, François Loyer* réalisa cette note de synthèse à propos de la propriété Beauséjour, elle nourrit encore nos réflexions.

La propriété Beauséjour est l’ancienne demeure de la famille Follot à Mandres-les-Roses. Elle a été aménagée au milieu du XIXe siècle sur un site préexistant par Félix Follot, fabriquant de papiers peints panoramiques à Paris. Plus tard, elle sera habitée par Paul Follot, fils du précédent et célèbre décorateur de la génération de l’Art nouveau. Depuis la mort de ce dernier, le bâtiment est resté inoccupé durant de longues années. Cette situation, regrettable pour ce qui est de l’entretien de l’édifice, aura eu au moins l’avantage d’éviter des transformations irréfléchies à une période où l’intérêt pour l’art du milieu du XIXe et début du XXe siècle n’était pas si éveillé qu’aujourd’hui. Rares sont en effet les maisons de campagne, parfaitement conservées, dans la région parisienne où les vastes terrains qu’elles occupaient ont généralement attiré les lotissements pavillonnaires. Il n’en est que plus nécessaire de les étudier avec grand soin et de rechercher une solution permettant de les maintenir dans leur intégrité. Qu’ici tout nous soit parvenu en l’état en fait véritablement un cas d’école. Aussi faut-il en pousser l’analyse jusque dans le détail, afin de mieux en apprécier la qualité.

La situation est fort belle, aux marges de l’ancien village, avec l’entrée charretière et quelques bâtiments situés à l’alignement (dans la tradition des hôtels aristocratiques couplant la maison de maître et l’aile de service, en parallèle, au droit de la voie publique). Hérité d’époques antérieures, ce dispositif mérite déjà d’être considéré en lui-même. Le terrain de près de deux hectares est d’une surface somme toute modeste, à l’échelle des ambitions bourgeoises de la propriété. On ne saurait le comparer aux grands parcs aristocratiques, dont la surface se compte par dizaines d’hectares. Inversement, il n’a rien à voir avec les quelques centaines de mètres carrés des simples jardins d’agrément. Cette taille assez particulière, ni grande ni petite, reflète le parti d’une maison de campagne destinée avant tout au repos et aux loisirs, sans la moindre ostentation. Entièrement clos de murs, le parc est très agréablement composé, dégageant des perspectives lointaines à travers les reliefs pittoresques d’une topographie animée. Une coulée de verdure oblique réserve, de part et d’autre, des massifs boisés qu’accompagnent quelques ornements : le pont, la clairière … Au fond, une claire-voie ménage un point de vue sur la silhouette du clocher de l’église paroissiale de Périgny. A côté de cet espace paysager se glisse l’espace régulier du service : communs, potager et serre. L’un des aspects les plus séduisants de cette propriété tient en effet à l’imbrication plutôt familière des espaces résidentiels ou de service, transcrivant dans le langage de XIXe siècle des traditions venues du monde médiéval. Il y a là toute une culture de la vie quotidienne, dont la typologie architecturale et végétale de Beauséjour est la parfaite transcription. Derrière son apparente modestie, l’architecture est tout aussi attrayante.

Petite villa à l’italienne, la maison n’est qu’un corps de logis sans épaisseur : le charme tient au plain-pied, ouvrant sur une terrasse dallée comme si la vie de l’intérieur débordait sur l’extérieur aux beaux jours. Deux petits pavillons d’extrémité coiffés de dômes à pans marquent l’emplacement de la salle à manger et du billard, qui sont les pôles d’activité de la vie collective. Entre eux se glisse le vestibule ainsi qu’un grand salon, ouvrant l’un et l’autre sur la terrasse par des baies d’une largeur inhabituelle (à leur manière, elles affirment cette symbiose du dehors et du dedans). Les chambres se situent à l’étage, ainsi que dans le comble des pavillons. La plus grande originalité de cette demeure de villégiature tient à la manière dont elle est doublée, au rez-de-chaussée, par un volume tout en longueur plaqué contre la façade postérieure. On y retrouve la partition traditionnelle qui est celle des ailes en retour dans les hôtels de maître : un côté dévoué au service, l’autre à la représentation. Cuisine et office doublent la salle à manger comme les coulisses d’un théâtre, tandis que l’orangerie se place au revers du billard. Dans l’axe, le volume du salon s’approfondit de manière inattendue, sur la profondeur des deux bâtiments associés. Au dehors, les seules indices de ce jeu scénographique est le retour de la balustrade à l’extrémité droite de l’édifice. Encore faut-il, pour s’en rendre compte, avoir traversé la cour, découvert l’angle de la villa puis longé la façade à la recherche d’un axe de composition qu’on ne trouvera pas. Devant soi, s’étend le jardin : on saisit alors que la maison est implantée perpendiculairement à l’entrée, là aussi, avec une grande bonhomie.

Une observation plus attentive permettra de comprendre que l’ensemble est adossé à la zone de service et à son potager, masqué par une haie. Quelques arbres taillés et une grille de clôture soulignent l’articulation entre la cour d’entrée et la villa, donnant sur les frondaisons du parc. Le travail subtil des échelles permet cette progression, qui donne la prééminence aux arbres d’ornement et à la verdure plus qu’à l’architecture. La remarque est d’autant plus nécessaire que toute intervention tendant à modifier cet équilibre savamment dosé (avec des moyens presqu’invisibles, parce qu’ils ont l’air ordinaires) pourrait mettre à mal la composition toute entière. Un dernier point concerne les matériaux utilisés et leur décor. Comme dans toutes les maisons de villégiature, l’apparat est gommé au profit de l’agrément du quotidien. Les matériaux sont simples : maçonnerie de pierre enduite au plâtre, décor réduit. Les méthodes de construction sont traditionnelles : murs porteurs en moellons de pierre meulière enduite au plâtre, planchers et cloisons en pan de bois hourdis. Seul le plancher à solives métalliques du rez-de-chaussée fait exception, à une époque où ce mode de construction se répand dans l’architecture des immeubles de rapport. Le choix du procédé, moderne pour l’époque, est en rapport avec le parti du plain-pied entre la maison et son parc : la solution traditionnelle des caves voûtées a simplement été remplacée par une structure métallique plus légère mais tout aussi résistante pour les parties communes de la distribution. Pour le reste, on s’est contenté de solutions éprouvées, faciles à mettre en œuvre par un artisan de village. La composition n’en est pas moins élaborée. Plusieurs licences par rapport aux principes de la rhétorique classique ont été mises en exergue. La corniche à denticules indiquant la naissance des toits ne comporte ni frise, ni architrave (alors qu’un ordre de pilastres de refends au rez-de-chaussée et de pilastres ioniques cannelés à l’étage marque les arêtes des pavillons). Comme par maladresse, aucun ressaut n’anime la séparation entre corps central et pavillons. Faute majeure s’il en est, les baies sont couplées, sans l’habituelle rythmique ternaire. Par inversion la lucarne est dans l’axe, mais elle rompt la balustrade et entame la corniche (surprenante allusion baroque à l’écriture mansardienne). Enfin, les deux travées d’axe sont totalement anti-canoniques : trumeau trop large qui les fait flotter sur le vide, baies élargies au rez-de-chaussée, frontons trop pentus à l’étage noble, modestes petites lucarnes au dessus.
On pourrait croire le maître d’œuvre ignorant, alors qu’il s’agit là de licences sophistiquées comme en trouve dans l’architecture romantique du deuxième tiers du siècle, par exemple chez Constantin ou Carpentier à Maisons-Laffitte et Enghien. S’il est probablement impossible de connaître avec certitude le nom de l’architecte, la notoriété du maître d’ouvrage (il fut l’un des plus grands fabricants de papiers peints de son temps) donne à penser qu’il n’a pas du faire appel au premier venu. C’est une des raisons pour lesquelles il faut examiner avec soin l’intérieur, car le décor de cette période est d’une grande délicatesse, malgré l’affectation de simplicité. On notera au passage le trompe-l’œil du plafond du grand salon, accompagnant les portes sculptées ouvertes sur le billard. Avant toute intervention, il convient de s’intéresser également aux papiers peints (même cachés par des revêtements postérieurs), car le propriétaire a pu y appliquer certaines de ses productions. Il semble enfin que des extensions aient été faites par Paul Follot (dans ll’orangerie avec son décor de glaces argentées, mais aussi les chambres et bains de l’étage).
Au total, la propriété de Beauséjour mérite une attention soutenue, qui pourrait aller jusqu’à une protection patrimoniale. Insistons-y, c’est l’unité de l’ensemble, son étonnante conservation malgré l’abandon qu’elle a subi qui en font toute la valeur. Une préservation seulement partielle, des parties paysagères du jardin, des façades de la villa, serait une trahi-
son. La solution à rechercher est celle qui permettra de maintenir l’équilibre des parties constituantes, de remettre en état ce qui peut l’être et de trouver une fonction adaptée à l’échelle du domaine comme à celle du bâtiment. Si des interventions doivent être faites, c’est avec prudence et surtout avec subtilité qu’elles devront être conduites. Rien n’est plus fragile que l’atmosphère d’un lieu. Et celui-ci en a une, très exceptionnelle.
François LOYER
Directeur de Recherche au CNRS
*François Loyer, alors directeur de recherche au CNRS, fut également, au cours de sa carrière, enseignant dans plusieurs universités, directeur de l’école de Chaillot, membre de nombreuses institutions en charge du patrimoine.C’est un grand spécialiste de l’art nouveau et on lui doit de nombreux ouvrages de référence sur le patrimoine du XIXe et XXe siècle.
La famille Follot au coeur de l’art nouveau
Félix Follot est né en 1838, sous Louis-Philippe. Il hérite a 27 ans, en1865, de la toute récente fabrique de papiers peints crée en 1859 par son père Philippe Follot. Il s’agit probablement d’une diversification, la famille Follot fabrique du papier peint depuis le XVIIIe siècle. Félix Follot fut l’un des premiers à introduire dans cet artisanat spécifique les progrès de la mécanique. Il investit très tôt dans des outillages de pointe en veillant a maintenir constamment cette avance technologique qui lui permit d’être a l’abri de la concurrence pendant toute sa carrière. Il commença par créer des papiers peints en imitation de velours, de veloutés de soie et de veloutés gaufrés.
Félix Follot était aussi un visionnaire, il perçut très vite l’importance de l’union entre l’artiste, l’industriel et l’artisan et il favorisa autant qu’il pu ce rapprochement qui sera essentiel pour le développement des Arts Décoratifs. Jusqu’en 1904, année où il prit sa retraite, il participa à toutes les grandes expositions internationales comme Vienne, Anvers, Moscou, Sydney, Melbourne. Pour achever sa carrière, à St Louis il obtint le grand prix.,Il fut, avec son ami Gustave Sandoz Vice-président du comité des Expositions Françaises. Il écrivit une histoire du papier peint, qui est aujourd’hui une référence dans ce domaine. Félix Follot eut quatre enfants, Charles, qui reprendra l’entreprise paternelle, Paul qui deviendra décorateur ensemblier, et deux filles dont l’une épousera Roger Sandoz. A sa mort, en 1909, il avait dix petits-enfants. Tout laisse à penser, que c’est grâce à cette belle réussite que Félix Follot a pu faire réaliser Beauséjour et qu’en homme de l’art et en homme de goût, il participa activement à sa conception.
Beauséjour selon les témoignages a toujours été une résidence de villégiature. C’est Charles, le fils aîné qui hérita de Beauséjour. Charles reprit non seulement l’entreprise paternelle, mais aussi bon nombre des activités de Félix Follot : Conseiller du Commerce extérieur de la France, Président de la Chambre syndicale du papier peint, Président honoraire de la Société des enfants du papier peint.

Paul Follot en 1927 ©Wiki
Paul le plus jeune choisit une autre voie, cependant assez proche de celle tracée et pressentie par son père ; il fut en effet un célèbre décorateur ensemblier. Elève a l’école de Grasset, qui était un ami de son père, il débuta en 1901 par la création de bronze, de tissus et de bijoux. Puis, il créa ses premiers ensembles qui parurent au salon des artistes décorateurs en 1904. Paul Follot est un partisan résolu du meuble riche. Il utilise les matières les plus précieuses, les ors, les marbres rares, les ivoires, les bois précieux, les nacres.
Ces matières paraissent d’autant plus riches qu’elles sont mises en valeur sur des formes simples et épurées. Ce ne sont pas, pour autant, de fragiles meubles d’apparat, bien au contraire, ils sont étudiés pour le confort et la commodité, mais ils sont aussi solidement construits, en utilisant et en remettant à l’honneur les procédés de la Vieille ébénisterie française, qui avaient un temps été délaissés. Pour un artiste décorateur ensemblier, comme Paul Follot, chaque meuble, chaque détail même, de ce meuble sont conçus pour s’intégrer dans un ensemble, qui tiendra compte du lieu, de l’équilibre des volumes, du décor de fond, de la lumière, de l’ambiance. Paul Follot, comme les vrais artistes décorateurs ensembliers, est un artiste complet.

Exposition des Arts décoratifs et industriels de 1925 – Pavillon Pomone – Salle à manger – décorateur Paul Follot – ©Archimarti Wiki CC BY SA 4.0
En 1921, il participe à la décoration du paquebot « Paris » En 1923, il prend la direction de l’atelier d’art du grand magasin « Bon Marché » dont il édifie le pavillon à l’Exposition Internationale de 1925. En 1935, il prend part à l’aménagement du paquebot « Normandie ». Au numéro 5, de la Rue Schoelcher à Paris, près du cimetière Mont Parnasse, il fit construire sur ses plans une maison qui comprend : au rez-de-chaussée une sorte de magasin d’exposition de ses œuvres, au premier étage son atelier, les deux autres étages étant réservés à ses appartements privés. Paul Follot est mort en 1942.

Horloge de table de Paul Follot – ©Sailko Wiki CC BY 3.0 – collection musée d’Orsay
Son fils qui était comédien est mort jeune, sa fille qui vivait rue Schoelcher est décédée en 1997, sans enfant. Mme Gritton, la dernière propriétaire de Beauséjour, était la fille de Charles décédé en 1933. Elle occupa ponctuellement Beauséjour jusqu’à sa mort en 1997. L’un de ses trois fils possédait toujours une fabrique de papiers peints en 1999.

Papier peint de Paul Follot ©Gallica collection bibliothèque Forney
Histoire du Parc de Beauséjour

Pont de rocaille dans le parc de Beauséjour – Mandres les Roses ©amis-de-mandres.fr
Les XVII et XVIIIe siècles sont marqués par André Le Nôtre et ses jardins à la française :
conception rectiligne, utilisant la perspective, les espaces boisés en bosquets fermés et les grands plans d’eau alimentés par des dénivellations permettant la réalisation de cascades et jets d’eau. Au début du XIXème, d’influence anglaise, les jardins « arborés paysagés »
sont créés pour des espaces, non plus royaux de 100 à 200 hectares, mais pour des propriétés bourgeoises de 2 à 20 hectares, closes de murs. Ces jardins se veulent proches de la nature. Les plantations de grands arbres (Marronnier, Chêne, Frêne, Erable) créent des harmonies de formes et de couleurs par leurs feuillages -avec des arbres plus petits (If, arbre de Judée, Prunus, Buis, Charme, Orme).
Le parc de Beauséjour, comme l’a voulu son créateur, correspond parfaitement à ces normes. Les allées sinueuses, selon le cheminement, réservent des points de vue différents à chaque contour, et surtout ne permettent pas de voir l’ensemble d’un seul coup d’œil. Seule une grande pelouse, près de l’habitation, donne de l’espace. Elle est agrémentée de massifs fleuris avec des plantes annuelles. C’est la partie la plus ensoleillée du parc. Elle se poursuit par une trouée entre les bosquets, pour donner de la profondeur, sans voir les limites de la propriété. L’ensemble est agrémenté par des « fabriques » : une gloriette sur un promontoire, un petit pont pour enjamber un vallonnement, un escalier de style rocailleux (fait de ciment
armé imitant les branches d’arbres), également des socles avec des statues, des vases ou coupes Médicis pour décorer les sous–bois. Pour nourrir les occupants, il y avait un jardin potager et fruitier, avec une serre au toit arrondi, adossée à un mur bien protégé du froid du
nord, et tournée vers le soleil. Il y avait un pigeonnier, un poulailler, et un clapier. Une particularité de ces jardins se trouvait non loin de la demeure : « Le jardin précieux » endroit privilégié et intime des propriétaires. A Beauséjour, ce jardin précieux était un jardin de « curé », produisant des fleurs en toute saison afin de remplir les vases disposés dans la demeure.
Beauséjour aujourd’hui

Située au cœur de la ville de Mandres-les-Roses, la propriété Beauséjour a été achetée par la commune de Mandres en 1999 pour la somme de 495 460 €. Beauséjour est un magnifique ensemble qui comprend un parc de 17 850 m2, un bâtiment principal datant du milieu du XIXème, un pavillon datant du XVIIIème reconstruit, diverses dépendances, serre, volière,
grange, grilles de clôture d’époque. Une construction récente type Phénix, ancien logement du gardien est actuellement occupée par l’association GFCM Pétanque. Beauséjour, typique demeure de villégiature du XIXème, nous est parvenue intacte, ni défigurée ni morcelée, dessin du parc respecté, communs, serre, potager, verger toujours en place. Nous devons cette conservation au fait que la propriété soit restée dans la même famille depuis sa conception par Félix Follot au milieu du XIXème, jusqu’à son achat par la commune de Mandres en 1999. Le parc est clos de murs, sa partie boisée est inscrite au POS de Mandres
en zone TC, le reste est hélas constructible. Deux terrains constructibles, les anciens tennis situés au fond du parc, ont été immédiatement revendus par la Mairie pour la somme de 167 700 € pour le financement de l’opération. L’achat du parc a été en partie subventionné par l’Agence Régionale des espaces verts pour la somme de 20 000 €. Cette propriété a donc coûté la somme de 307 760 € à la commune de Mandres. Le parc aujourd’hui ouvert au public, est de plus en plus fréquenté par les mandrions, particulièrement les familles récemment installées. Bien que classé, en 2004, de grand intérêt par la « ZPPAUP », faute d’entretien, le bâtiment principal datant du milieu du XIXème, se dégrade de jour en jour, notamment à cause d’infiltrations et plus récemment par l’attaque de mérules (champignons ). Il a été squatté et pillé. En résumé, tout laisse à craindre que cet ensemble exceptionnel ne soit massacré et démembré. Seul un classement de l’ensemble du site, selon la loi de 1930, semble pouvoir le préserver efficacement et durablement.
L’association des Jardiniers de Beauséjour, une action concrète de sauvegarde.
La municipalité de Mandres les Roses a acheté cet ensemble en 1999, saisissant l’opportunité de maintenir cet espace vert situé en agglomération. Depuis l’acquisition, la propriété attend, son état se dégrade par manque de moyens. La demeure principale reste en l’état. La maison Barras est rénovée. Le dernier jardinier de la famille Follot a été maintenu dans ses fonctions jusqu’en 2010. Il entretenait le parc pour empêcher la friche d’envahir les jardins. Désolés de voir le parc se dégrader de jour en jour, des horticulteurs mandrions ont décidé d’agir. Pour cela il fallait s’en donner les moyens en créant une association.Il fallait regrouper des bénévoles, parmi les horticulteurs retraités de Mandres, pour encadrer d’autres jardiniers amateurs et/ou bénévoles voués à cette bonne cause. Il est possible d’entreprendre la réhabilitation du parc, avec sérieux et compétence, en prenant pour exemple l’organisation de la sauvegarde des chefs-d’œuvre en périls, L’association des Jardiniers de Beauséjour est ainsi née le 12 avril 2008. Son but, redonner au parc son aspect d’origine dans le respect de son histoire et de son style bien défini. En faire un lieu de rencontres, mais aussi un domaine éducatif (éveil à la nature, initiation à la botanique et ouverture aux métiers du jardin). Comme c’est en jardinant que l’on crée un jardin. Alors, il faut se « retrousser les manches », se munir de bêches, de pioches, de sécateurs et se mettre à l’ouvrage.
La municipalité a mis à disposition de l’association, les plans du parc réalisés par des paysagistes experts, au moment de l’achat et signé une convention avec elle l’autorisant à œuvrer sur le terrain communal. Elle définit le rôle, les obligations, les charges de chacun. Monsieur le maire nous assure de son soutien. Chaque année, la municipalité budgétise diverses fournitures et plantes. Réhabiliter ce parc pour le bien-être de tous, en constituant une collection de plantes sélectionnées, étiquetées et protégées, contribue à la sauvegarde du patrimoine de notre village. Le parc étant ouvert au public, un inventaire des arbres en mauvais état sanitaire ou dangereux en cas de tempête, a été dressé en 2004. Le travail d’abattage et de dessouchage a été confié à une entreprise spécialisée. Le tracé des allées et le contour des massifs ne sont hélas pas délimités par des bordures métalliques, comme c’est parfois le cas dans ce type de parc. De ce fait, années après années les limites des composantes sont devenues de plus en plus imprécises. En se basant sur les plans d’origine, la première intervention a donc consisté à retrouver l’emplacement exact des allées et des massifs. Après un premier travail de nettoyage du sol, débarrassé du verre, du plastique et des pierres, certaines parcelles ont été minutieusement bêchées puis labourées. Par contre, les feuilles ont été enfouies donnant au sol en fin de travail un aspect souple et bien aéré. Les végétaux choisis pour la replantation de ces parcelles sont des couvre-sol et des arbustes à fleurs ou à feuillage décoratif. Tous les ans de nouveaux massifs sont créés.
L’escalier menant à la gloriette a été refait par les bénévoles de l’association. Reconstruction de la gloriette. Neuf ans après la création de l’association, la totalité du parc a été défrichée et de nombreuses parcelles replantées.
En 2025, l’association des jardiniers de Beauséjour a fusionné avec celle des amis de Mandres-les-Roses.
Projets pour une programmation culturelle locale
Propositions de réhabilitation :
-Un verger à reconstituer avec l’association des « Croqueurs de Pommes ».
-Un potager et un espace de floriculture à réimplanter et faire fonctionner en jardins partagés .
-Des ruches à installer avec le soutien de la Fédération des apiculteurs du 94 et 77.
-Un alambic et un pressoir à réimplanter avec l’Association de Distillation de Mandres.
-Un pigeonnier, une basse-cour et un clapier à restaurer avec les conseils et le soutien de l’association « Entente Avicole locale ».
-Châssis, serre, pigeonnier, clapier, bassecour, pressoir, alambic, massifs, ruches de toit…
Avec ces authentiques « outils pédagogiques »: une initiation destinée aux scolaires, et jardiniers amateurs devient possible. La formation professionnelle bénéficierait ainsi d’un terrain d’application équipé. La renommée maraîchère, arboricole et horticole du Plateau Briard doit être mise en valeur, dans notre environnement urbain du Grand Paris (T 11).
Faire revivre tous ces équipements et activités pratiquées à Beauséjour permettrait de sauvegarder ce patrimoine communal. Il est important de transmettre le savoir-faire des métiers qui ont constitué l’histoire rurale de Mandres les Roses. Ce projet n’exclut pas toutes autres propositions qui permettraient au parc de conserver sa vocation première «d’Espace vert de proximité » comme il était souhaité lors de l’acquisition de la propriété Beauséjour par la municipalité.
Nos craintes et nos propositions
Nos craintes :
Forte pression foncière
Une partie de l’ensemble déclaré constructible
Abandon total du bâti
Important besoin de financement nécessaire à la réhabilitation
Prise de contrôle du GPSEA sur le programmation culturelle
Nos propositions :
La propriété Beauséjour est une et indivisible.
Son intérêt patrimonial, en tant que témoin de la villégiature en Ile de France, au XIXe et début XXe siècle, n’a de sens que dans le respect de son intégrité.
La bâtisse Beauséjour est un bâtiment présentant des contraintes et complexités liées à son histoire. Il s’agit d’un bâtiment emblématique faisant partie du patrimoine de la ville de Mandres situé dans un parc classé. Le classement du bâtiment doit, en complément, apporter protection à la propriété et permettre d’obtenir des aides.
Faire vivre un lieu culturel dédié aux spécificités de la commune est, dans une perspective de globalisation du Grand Paris, essentiel pour la survie de celle-ci.
Réussir la réhabilitation de Beauséjour, en offrant aux mandrions de nouvelles possibilités d’activités culturelles, sans dénaturer le site, permet de renforcer leur attachement à la commune et ainsi renforcer la cohésion sociale.